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Cultur'cast by T² & RipleyLa culture c'est comme la confiture
July 25 Days of heaven de Terrence Malick (1973)
Le cinéma est devenu un art mature le jour où il a réussi à raconter une histoire simple, à nous permettre de réfléchir sur notre vie et à se critiquer dans une même œuvre.
Terrence Malick est déjà un grand cinéaste américain depuis son premier long métrage, Badlands, lorsqu'il présente Days of heaven à Cannes en 1979, qui lui vaudra le prix de la mise en scène.
Ce film, inspiré directement des Raisins de la colère passe l’épreuve de la maturité du cinéma américain. Il nous raconte l’histoire simple d’un couple à 3 où se mêlent amour et argent. Il nous montre aussi à quelle extrémité peuvent en arriver certains américains (vendre celle qu’on aime) pour vivre décemment et quel est ce phénomène que l’on découvre en France : les travailleurs pauvres. Pour Malick, le western ne représente pas la genèse de l’Amérique. Ce sont les hommes qui travaillent chaque jour qui ont construit son beau pays. Ceux qui tirent sur les hommes comme sur des lapins ne sont pas des héros. Par là, Malick critique le cinéma hollywoodien parce qu'il ne montre pas la vie réelle et rend hommage au magnifique Raisins de la colère de John Ford qui avait eu cette ambition avant lui.
T² Badlands de Terrence Malick (1973)
Martin Sheen et Sissi Spacek Les américains ont ce rapport à la nature loin de la médiocrité de nos aventuriers de Koh-Lanta… ils ont conservé un je ne sais quoi des indiens, a natural way of life, une liberté perdue par les européens. Terrence Malick est le cinéaste qui sait le mieux représenter cette vie. Dans Badlands (La Ballade sauvage en VF), il raconte sa version d’un fait divers du Middle West américain : la fuite de deux meurtriers amoureux dans les prairies du Dakota et du Montana. Pour Malick, James Dean, le symbole d’une Amérique qui réussit, n’est qu’un cow-boy, beau, malin, mais rustre, machiste et dangereux s’il se sent en danger. On peut admirer comment en quelques jours, le héros monte un campement de scout au milieu d’une forêt. Ou comment le héros choisit de rouler à travers la prairie pour éviter la police, il y trouve de l’essence, des vaches ou des poulets et du maïs pour se nourrir. Le rêve de tout Robinson Crusoë ! On peut aussi détester qu’il tue tous ceux qu’il considère comme des dangers potentiels, sa colère dès que l’ordre immuable des choses se bouleverse (quand sa femme lui dit « non ») et sa femme qui n’est qu’une potiche.
Evidemment, le parallèle avec une actualité moyen-orientale est assez facile : il attaque dès qu’il se sent en danger et ne respecte pas celui qu'il croit différemment de lui, même si aujourd’hui, il a perdu de sa beauté éclatante et de ses ambitions humanistes.
Attention, Badlands, c’est d’abord un ancêtre de Thelma et Louise installé dans les années 60 : un immense road-movie d’une époque courtoise et machiste avec ses meurtres, mais aussi son respect des Hommes. On lutte pour survivre, mais on reste civilisés !
T²
July 24 Origine
Dans la veine des dessins animés du studio Ghibli, un manga sorti en DVD, bien mis en avant par les distributeurs, fait pâle figure : Origine.
Origine nous plonge dans un monde futuriste où la folie industrielle des hommes a détruit notre planète. La forêt a repris sa place et emprisonne l’eau indispensable. Evidemment, des méchants veulent combattre la forêt alors que les gentils veulent maintenir un équilibre avec la forêt.
Malgré un scénario pâlot face aux, maintenant nombreux, autres mangas du même thème, la bienveillance du héros et la qualité des dessins nous permettent de supporter les 90 minutes de visionnage d’une œuvre pas vraiment indispensable.
Juste un dernier message : S’il-vous-plaît, amis japonais, arrêtez cette simplification de l’histoire entre les gentils écolos et les méchants industrieux… Car la simplification gentil-méchant n’a jamais apporté de solutions viables. Arrêtez plutôt la chasse à la baleine !
T² L’élégance du hérisson de Muriel Barbéry
Pari réussi pour Muriel Barbéry : « A quoi sert l’Art ? A nous donner la brève mais fulgurante illusion du camélia, en ouvrant dans le temps une brèche émotionnelle qui semble irréductible à la logique animale. »
Ce qu’elle nomme l’illusion du camélia est une ouverture d’esprit, une volonté de faire avancer le monde, de ne pas figer notre esprit. Muriel fait beaucoup plus qu’ouvrir dans le temps une brèche émotionnelle, elle fait de nous, lecteurs, des êtres civilisés.
Son « élégance du hérisson » est un roman de la classe des plus grands. Elle nous permet d’entrer dans l’extatique extase d’une chute de fleur, d’un haka télévisuel, du rituel du thé ou d’un simple passage aux cabinets. Chaque beauté n’est pas sans rappeler une certaine madeleine. L’élégance de Muriel c’est un roman-poésie, une ode à la belle langue et à la littérature russe.
L’élégance du hérisson, c’est aussi la beauté intérieure d’un animal politique qui se cache et met en place toute sa vie des épines pour se protéger. Il n’est jamais trop tard pour vivre, qu’on soit né ou non avec une cuillère en argent dans sa bouche. Il est simplement indispensable de trouver les bons compagnons. Ses héroïnes (une concierge et une jeune fille suicidaire) expérimenteront cette vie.
J’ai foncé vers ce joyau de 300 pages, il m’a fait rire, pleurer, rêver et philosopher pour 20€. Moi je fonce vers son premier livre. Une plume comme celle de Muriel, c’est trop rare pour ne pas se jeter sur tous ses ouvrages. Si seulement, je savais écrire avec tant de talents, je pourrai à mon tour faire l’élégant.
T² June 16 Le pourquoi du comment
Festival de Cannes terminé, deux films « français » sortis en avant-première ont été les seuls (et pour cause, sic) à retenir mon attention. Ces deux films posent la seule vraie question qui provoque le cinéma depuis qu’il est devenu un média et un divertissement sous ses différentes formes : en salles, dans une boîte chez soi, sur un mur en plein air, payant ou gratuit. (Je ne crois pas au cloisonnement du « grand » cinéma d’un côté et de la petite télévision de l’autre comme Godard. D’ailleurs les deux se recoupent encore et encore… Mais plutôt qu’il faut dépoussiérer et sortir le cinéma des studios comme Truffaut.) Là n’est pas mon sujet. La seule distinction que je connaisse, c’est le pourquoi du comment ? Souvent un film est réussi quand le réalisateur a su simplement pourquoi il a fait son film ? Un film est sans intérêt quand le réalisateur s’est avant tout demandé comment ? Quand il a mis les effets spéciaux avant le sujet à traiter. Un exemple simple : on dit que l’adaptation est souvent plus mauvaise que l’original. Quand il a écrit son livre, l’auteur s’est demandé pourquoi il écrivait, pas comment (la littérature permet moins de technique sur ce point, même si…). L’adaptation devient mauvaise quand le réalisateur se demande comment il va adapter avant le pourquoi ? Quand Julian Schnabel adapte « Le scaphandre et le papillon », il prend l’œuvre de Jean-Dominique Bauby et la met au cinéma avec talent mais sans aucun but. Dans toutes ses interviews, il parle plus d’avoir tourné avec des français ou de la façon de rendre compréhensible l’emprisonnementdu héros, jamais de pourquoi il a adapté ? Résultat un bon divertissement (façon d’écrire évidemment !), mais on en ressort aussi vide que lorsqu’on y est entré ! Quand Christophe Honoré veut nous faire partager sa science des relations. Il nous montre la multiplicité des possibles avec 5 ou 6 personnages : soyons ouverts les uns envers les autres et découvrons-nous. Ensuite, il choisit la forme qu’il connaît le mieux, le cinéma de la nouvelle vague et la musique, mais peu importe finalement, il a un autre but à partager ! Plus que la distinction du fond et de la forme, le pourquoi du comment est une vision de la vie différente. Pourquoi ? Posons-nous la question face à un problème et nous trouverons toujours comment. T²
May 18 Mon cinéma adolescent by T²
Le thème principal du cinéma américain depuis 20 ans, c’est l’adolescence. Peut-être parce que la culture dans ce pays est encore une adolescente aux superpouvoirs… Peut-être aussi pour conquérir le plus grand nombre de consommateurs, car la ménagère de moins de 50 ans du cinéma a entre 15 et 25 ans… Les super héros en sont un des meilleurs exemples. On peut citer entre autres Spiderman (les 3 opus de la série) ou Indiana Jones, voire le Parrain. Mais ici ce qui m’intéresse, ce sont deux trilogies qui sont conformes sur le récit (les gentils contre les méchants) et sur la forme (la science-fiction) et pourtant traitent de ce passage à l’adolescence avec deux visions différentes.
Rappelez-vous avant de commencer des paroles de Georges Lucas : « L'art n'est pas d'arriver avec des idées neuves mais d'interpréter ces idées qui nous entourent depuis toujours.» Bref, le sujet principal de « Star wars les deux trilogies » (ou le sextet) : des ados qui se cherchent (pléonasme ?) pour des ados qui se cherchent (re-pléonasme ?). Alors comparons ce qui a changé entre ces deux générations d’adolescents : Le héros Luke est candide, il recherche une forme de perfection humaine, il a soif de tout apprendre pour devenir un homme. Luke n’a qu’un seul but : le bonheur politique de l’humanité, il se lance dans une quête qui fera triompher son idée du Bien commun. C’est par la politique que le bonheur de tous arrivera. Mais s’il n’y parvient pas, le monde deviendra malheureux. Sa conception du Bien est la seule issue pour tout l’univers. Anakin, même s’il débute sa formation beaucoup plus jeune, est un jeune homme beaucoup plus torturé. Sa principale occupation, c’est lui, trouver son bonheur : avancer dans sa « fonction », sauver sa famille. Il se méfie des politiciens tous corrompus mis à part ceux qu’il connaît, différents des autres. Ses compagnons d’arme Luke tire son courage de ses amis. Il fait tout pour les aider. Au-delà de sa lutte pour un monde plus juste, il ne veut rien d’autre que rester avec ses amis car c’est en eux qu’il tire sa force. Il ne les a pas choisis, ce sont les circonstances qui lui ont fait rencontrer des personnages qui poursuivent la même lutte que lui. Anakin est beaucoup plus solitaire, il sélectionne ceux qui l’entourent. Il accepte d’aider des inconnus (avec l’assentiment de sa mère), mais ce sera pour en retirer un bénéfice personnel car il sait qu’il sera récompensé de sa loyauté. Il prend de haut le seul ami qu’il aurait pu avoir (Jar-Jar) au lieu de l’aider à devenir plus intelligent. Au lieu de cela, il n’accepte l’amitié que de personnes de la même espèce que lui et de personnes socialement plus élevées (Amidala ou Obi-Wan). La famille Luke n’aurait pas abandonné sa famille de son plein gré, son départ n’est que le résultat d’un enchaînement d’événements. Il donne toujours l’impression d’être un héros qui ne laisse personne derrière lui et surtout pas ceux qu’il aime. Et c’est la quête du père qui l’orientera. Il sera à la recherche de son passé. Anakin ne s’embarrasse pas de sa mère. Même s’il revient la chercher (trop tard !), la mort de sa mère est causée par les ennemis, il n’a commis aucune faute comme toujours. Enfin, il méprise complètement ses demi-frères et sœurs qui auraient pu devenir une nouvelle famille (ils élèveront son fils !) L’apprentissage Laissons de côté le temps d’apprentissage jugé « trop court » d’Anakin (qui débute à 8 ans) pour celui jugé « suffisant » de Luke (qui débute à 18 ans) qui nous permettrait de comprendre que la génération 1986 apprend plus vite la génération 2000 ! Comparons plutôt le comportement de nos deux adolescents : Luke n’a pas de dessein, il prend ce qu’on lui donne et fait ce qu’il veut quand on ne lui donne rien. Il se sent beaucoup plus libre et une expérience vaut mieux que toutes les théories du monde. Anakin comprend qu’il doit apprendre pour devenir un Jedi, il ne « sèche pas les cours », il doit apprendre à le devenir, mais il veut en connaître l’issue. On lui a fixé un objectif, défini un timing, il a accepté les règles du jeu, mais sa colère est grande quand il estime qu’on ne lui fait pas confiance ou qu’on ne reconnaît pas sa juste valeur. Les femmes Pour Luke, si les femmes viennent, c’est grâce à son charme, elles ne son absolument pas un but en soi et n’ont pas plus d’intérêt qu’un homme. Pour Anakin, l’élue devient le but ultime de son existence, il abandonne tout pour elle. C’est à lui de la séduire. Contexte Aux USA dans les années 80 (l’époque Reagan), le rêve américain est très présent et il faut que chaque pays puisse parvenir à ce rêve. Chacun peut encore influencer le monde et son destin. Il faut simplement faire les bons choix. L’Autre est ce qui vaut la peine de vivre, c’est dans la communauté que le bonheur se trouve, le Bien se fait avec l’Autre (parfois en le forçant !). Les années 2000 sont beaucoup plus noires. La crise fait rage, le paternalisme a trahi ses enfants. Le rêve américain est mort. L’individualisme fait rage et la famille, en tant qu’entité enfermante, est redevenue une valeur face aux risques de la vie. Pour s’en sortir, il faut être un bon garçon dont sa maman sera fière, sinon, attention, tu n’auras pas ta retraite… Même si Luke, au premier abord, semble le plus « gentil garçon », il choisira d’ailleurs la bonne voie. Trois de ses positions peuvent nous interpeler : 1. Sa vision des femmes : très machiste, il n’a aucune sorte de désir ou n’exprime aucun sentiment. Finalement, c’est lui qui gagne, mais qui dit qu’il ne devient pas un dictateur ? Pour moi, la première série (celle de mon adolescence) a un goût particulier, j’y retrouve tout ce que j’ai cherché : la fuite du foyer familial, la recherche de l’amitié : du partage des difficultés et un sens commun à la vie. Star Wars est lié aux soirées pâte au thon (mais ceci est une nouvelle histoire !) et ce rejet de la ressemblance, ce sentiment que nous allions tous devenir différents (ensemble ?). Pendant quelques années, je me suis senti différent et assumé, ce que le monde ne permet plus aux jeunes d’aujourd’hui.
February 24 Le quiz de la mort qui tueOyez oyez ! Ouvrez grand vos yeux, vos oreilles et surtout vos neurones... Ce week-end, nous vous avons concocté un quiz séries télés qui en achèvera plus d'un ! Découvez tout de suite si vous êtes un vrai accro du tube cathodique et lancez vous à corps perdu dans la piste au trésor.
Les règles sont simples :
1- Nous entendons par série, un rassemblement d'au moins dix épisodes de fiction ou d'animation
2- Chaque phrase ci-dessous correspond à la description d'un série
3- Chaque semaine, de nouveaux indices seront dévoilés et ce jusqu'à ce que chaque série soit découverte
4- Une réponse par personne et par semaine
5- Le premier à trouver marque 10 points en semaine 1, 9 points en semaine 2, etc.
6- Dès qu'une série est trouvée, nous la retirons du jeu
Prêts ? A vos marques !!!!
T² & Ripley SCORES
January 11 Une fille dans la ville
Une fille dans la ville de Flore Vasseur Vous avez aimé Frédéric Beigbeder décrivant avec cynisme le monde parisien de la publicité dans 99 francs, vous adorerez Une fille dans la ville ou le journal cynique d’une jeune net-entrepreneuse entre New York et Kaboul. Partout où se trouve l’argent, tous les ambitieux du porte-monnaie se retrouvent dans des endroits « branchés » où ils peuvent dépenser ce qu’ils considèrent comme le juste retour de leur labeur (La Fontaine doit se retourner dans sa tombe). Notre héroïne fraîchement diplômé d’HEC, après deux premières courtes expériences dans une multinationale et une PME de Nerds, part à l’aventure vers Manhattan. Mais après le 11 septembre, l’argent n’est plus au Nasdaq, la bulle internet a éclaté. L’argent est investi dans la reconstruction de l’Afghanistan, pas de problème : les règles et les acteurs de la comédie sont les mêmes. Outre que le récit nous plonge dans un univers peu familier et absolument psychédélique, l’expérience de Flore Vasseur rend son histoire complètement vraisemblable. Vous serez donc plongé dans un roman noir qui a tous les aspects d’une biographie (et qui semble en être une). De plus son style ajoute un brin de réalisme, Flore Vasseur manie la langue avec l’efficacité d’une financière. Pas de mot en trop, pas de fioriture, tout est dédié à son observation. Elle est consultante auprès d’entreprises qui veulent aller à l’essentiel, elle va à l’essentiel. Ainsi, vous lirez son roman en moins de 2 jours, autant grâce à l’humour de la narratrice, que par l’efficacité de l’écriture. Mais pourquoi Flore Vasseur a-t-elle écrit ce livre ? Comme pour se libérer de ses anciens démons, comme pour montrer ce qu’elle fut, ce qu’elle ne veut plus être ? Flore Vasseur, tu rentres donc du côté des gentils, des artistes, dans la grande famille des écrivains, mais ne te trompe pas, c’est plutôt en faisant ton autocritique que tu sauras trouver un véritable sens à ta vie. T² January 06 Eye of the Tiger
Comment est née votre passion pour le cinéma ? Plus jeune ne vouliez-vous pas devenir boxeur ? Vous êtes considéré comme la nouvelle coqueluche du cinéma français, comment prenez-vous cela ? Lorsque vous avez débuté, vous imaginiez être en haut de l'affiche ? Comment avez-vous abordé votre personnage des Brigades du tigre ? Vous êtes-vous inspiré de Jean-Claude Bouillon, votre prédécesseur ? Vous avez malgré tout un petit côté Eliot Ness… Est-ce ainsi que vous choisissez vos personnages ? Vous semblez passer de l’un à l’autre avec une facilité déconcertante. Pensez-vous que le cinéma indépendant est en danger en France ? Comment jugez-vous les précédentes adaptations de séries comme Vidocq, Belphégor, Arsène Lupin ? Et en ce qui concerne votre rôle du célèbre Gaulois dans Astérix aux Jeux Olympiques ? Vous allez prochainement, dans Scorpion, monter sur le ring pour affronter un champion du monde de boxe thaï ?
December 05 Cyril ou Cynthia ?Depuis le départ de Gaël, TF1 a chamboulé son organisation au niveau de l'élimination des candidats. Plus de nominations hebdomadaires, mais tous les candidats sont sur la sellette et soumis aux votes du public, tout comme dans la concurrente directe de la Star Ac', Nouvelle Star. Dans l'ordre, Brice, Jean-Charles et Ludovic ont quitté le jeu et il ne reste plus que quatre candidats en lice. Vendredi soir se déroulera donc la première demie-finale, qui opposera Cynthia et Cyril, la tigresse contre la voix d'ange. Amis au château, ils seront concurrents car seul l'un d'entre eux gagnera sa place en finale. Sans remettre en question son talent, Cynthia n'a pas beaucoup de chances face à Cyril, grand favori de cette demie-finale. Réponse vendredi soir. Ripley December 04 Oldelaf et Monsieur D, ambassadeurs de la chanson conPour ce premier billet à quatre mains, nous avons choisi Oldelaf et Monsieur D, les représentants d’une nouvelle scène française : la chanson con. On connaissait la chanson française émouvante, Brel et Julien Clerc ; la chanson française politique, Renaud ou Maxime Le Forestier ; la chanson française polémique, NTM ; la chanson française drôle, Brassens et Bénabar ; et même la mauvaise chanson française, Michel Sardou. Mais Oldelaf et Monsieur D ont inventé la chanson française con. Qu’est-ce que la chanson con ? C’est avant tout de la chanson hilarante. Passer une soirée avec Oldelaf et Monsieur D, c’est comme un sketch de Coluche en musique, c’est l’assurance de passer un moment à faire travailler les zygomatiques, une bonne crise de rire. Et croyez-moi, au bout de 20 passages, on en rit encore… Mais en plus, c’est de la musique, car, Coluche aussi faisait de la musique (du violon avec des gants de boxe), mais ici, ce sont deux musiciens de talent qui écrivent ou reprennent la musique des autres. Une panoplie de voix à faire pâlir d’envie les élèves de la Star Ac', des mélodies que Gainsbourg aurait aimé signer. Si on veut comprendre leur style, on peut classer les chansons d’Oldelaf et Monsieur D en trois catégories : - Les chansons originales Raoul mon pitbull qui raconte comment un pitbull croque toute la gente féminine d’une famille sous l’œil amusé des hommes. Le café qui nous plonge dans l’univers du bureau et son habitude énervante du petit café qui peut conduire à certains excès d’énervement. - Les parodies Obispo (Confessions intimes), Renaud (Père noël), Henri Dès (Le gros ours), les chants paroissiaux (Nathalie). Amusez-vous à retrouver tous les jeux de mots, un vrai bonheur ! Ici, on trouve tous les défauts de nos chanteurs favoris exacerbés. - Les reprises Comme un ouragan (et là, il n’y a pas besoin de changer les paroles, il suffit d'écouter et d'apprécier !) Toutes leurs chansons nous projettent dans un univers ironique et grinçant qui sans méchanceté pointe sur les excès de notre société et les nôtres et rire de soi, cela fait un bien fou. Et en concert, c'est encore plus délectable ! Ils se sont produits le mois dernier au Cabaret Sauvage, chapiteau perdu au coeur de La Villette. Pendant plus de deux heures, accompagnés de leur fidèle Pepito - clandestin qu'ils maltraitent allègrement, Oldelaf et Monsieur D alternent sketches et chansons, ne manquant pas de faire participer le public. Un avertissement cependant pour ceux qui rêvent de monter sur scène à leurs côtés, ils prendront cette invitation à leurs risques et périls ! De nombreux fans s'étaient même déguisés en Père Noël, espérant ce magnifique opus du meilleur ami des enfants, qui a manqué cruellement malgré nombre d'appels désespérés. Au programme, tout de même leurs meilleurs titres, déguisements à l'appui, comme Le Gros ours et Les Supers héros (la transmutation de Manimoule - moitié homme, moitié moule et moitié rassuré - vaut vraiment le détour). Les adeptes en redemandent car Oldelaf et Monsieur D offrent un vrai spectacle, à l'humour vachard et décalé, ce qui permet d'apprécier les chansons sous un meilleur angle. Après une avalanche de fous rires bien mérités et de nombreux rappels, ils achèvent le concert par une reprise de Davy Crockett, grimés en bûcherons québécois, et se mêlent au public dans une ambiance feu de camp déjantée. En attendant de les découvrir, voici quelques extraits : Confessions intimes Au delà de tout, acceptons nos différences : C’est dur de se voir dans l’miroir Dansons La Schlounga Je m'appelle Frisottin Dis-moi, dis-moi que tu m'aimes Pour plus d'infos : http://oldelafetmonsieurd.free.fr/accueil.htm
November 28 Vincent Delerm à La CigaleLe chanteur préféré des Bobos, selon Renaud, pose ses bagages sur la scène parisienne de La Cigale du 21 novembre au 9 décembre. Si on aime sa mélancolie et son côté désabusé, la perspective d'un récital piano/voix avait des allures de cafard ambiant. Et pourtant, il n'en est rien. Il égrène ses chansons comme autant de souvenirs perdus et y mêle une désinvolture certaine. Lui qui d'habitude prend son piano pour unique compagnon, il s'entoure cette fois-ci de cinq merveilleux musiciens : violon, contrebasse, trompette, guitare et batterie. Il commence son spectacle caché derrière un drap tendu dans le ciel, projetant son film de vacances en super 8. Peu à peu, il se découvre et par un habile jeu de lumière, son visage se distingue à travers le film. Pianiste émérite, il ponctue son spectacle de tranches de fous rires et place son spectacle entre humour et émotion. L'alchimie avec ses acolytes musiciens est parfaite et les morceaux mélancoliques, très peu nombreux, sont contrebalancés par des chansons rythmées et plus vivantes : Fanny Ardant et moi, Le Monologue shakespearien... Vincent Delerm multiplie les mises en scène loufoques, notamment sur Tes parents. Il passe des diapositives, prétextant qu'il n'a que trop chanté cette chanson et fait défiler les paroles en karaoké, pour le plus grand bonheur du public. Il change même les paroles des Filles de 1973 ont 30 ans, l'adaptant à l'année 1976, pour celles qui ont trente ans cette année. Après deux rappels, il invite sur scène le trop rare Yves Simon, le temps de deux chansons magiques : Manhattan et Au pays des merveilles de Juliet. Après deux heures de concert, le public conquis se lève et offre au chanteur et à ses musiciens la standing ovation qu'ils méritent amplement.
Morceaux choisis typiques de l'humour de Vincent Delerm :
- Qu'est-ce qui fait "nioc nioc" ? Un canard à l'envers
- Qu'est-ce qu'il se passe lorsque on lance une gousse d'ail sur le mur et qu'elle rebondit ? C'est le retour du jet d'ail
- La prochaine chanson est une chanson chouette. Ce n'est pas non plus une chanson dingue mais elle est chouette. Après, tout dépend de l'interprète. Barbara, Léo Ferré, c'est dingue. Clo-clo, Joe Dassin, c'est chouette. Il y a aussi les chansons ni dingues, ni chouettes... bon celles-là elles sont pourries. Michel Sardou, par exemple. Attention, je dis pas que c'est pourri, Michel Sardou, mais c'est ni dingue ni chouette.
Ripley November 15 Comme par magieMercredi soir dernier avait lieu l'avant-première du nouveau film de Christopher Nolan, Le Prestige, sur les Champs-Elysées. Au programme, tapis rouge, décor "magique", macarons au chocolat Fauchon et spectacle de magie en introduction. Et en prime, le réalisateur et deux des acteurs, Sir Michael Caine et le délicieux Hugh Jackman - qui nous fait le plaisir de s'exprimer en français, font le déplacement pour présenter le film. Warner sait définitivement accueillir les chanceux spectateurs les imiscant avant l'heure au coeur de l'action.
![]() (c) Warner Bros Le réalisateur du cultissime Memento nous offre un moment délectable en compagnie d'acteurs au mieux de leur forme : Hugh Jackman, Christian Bale, Scarlett Johansson, Michael Caine, David Bowie et Andy Serkis. Le Prestige repose essentiellement sur le jeu des acteurs et sur une mise en scène brillamment maîtrisée. Il devient difficle de parler du film sans avoir peur de trop en révéler... disons seulement que l'action se déroule au début du siècle dernier et qu'une rivalité grandissante oppose deux grands illusionnistes. Pour le reste, c'est comme un tour de magie, ça ne se dévoile pas sinon il perd son caractère magique. Le fameux "prestige" représente le troisième acte d'un tour de magie : on ne surprend pas le spectateur en faisant disparaître un objet, on le bluffe en le faisant apparaître de nouveau. Et c'est ainsi que le film fonctionne, ce terme résumant parfaitement l'essence du film. Mystère, rivalité, trahison, coups de théâtre... il s'en passe en 2h et, malgré une quinzaine de minutes superflues, on savoure le plaisir complètement immergé dans l'ambiance. Saurez-vous découvrir le personnage le plus manipulateur ?
Ripley Coup de théâtre à la Star AcademyGaël, le candidat gitan et grand favori de cette promotion, a décidé brusquement hier soir de quitter le château. Sans prévenir ses "amis", il a perturbé le déroulement des évaluations et annoncé aux professeur son départ. L'incompréhension règne sur Dammarie-les-lys... peur de gagner ou de perdre ? D'après ce que TF1 a bien voulu diffuser, le jeune homme refuserait de travailler avec Pascal Nègre et penserait que l'émission est complètement truquée. Complètement, non, cependant la production transforme les élèves en vulgaires pantins, orientant d'une certaine manière les votes du public. La directrice et productrice Alexia Larouche-Joubert s'en est bien évidemment défendue, tentant désespérement de ramener Gaël à la raison, en vain. Il a juré sur l'honneur de sa famille et le coeur lourd, il est parti. Les élèves n'ont par conséquent pas passé leurs évaluations et comme dans Koh-Lanta, le dernier candidat sorti du château, Ludovic, a eu le bonheur de le réintégrer l'académie. Ripley Petite précision de dernière minute, cette semaine pas de nominations, tous les candidats seront soumis au vote du public lors du prime de vendredi soir. November 13 Dans ParisSi Christophe Honoré est adoré par les critiques de cinéma, c’est parce qu’il leur donne ce qu’ils aiment : des références. Pour moi, si Dans Paris est un grand film, c’est parce qu’il raconte avec une infinie sensibilité et un sens unique du cinéma, l’histoire intime de relations humaines. Dans Paris est truffé de référence à la nouvelle vague : - Godard (la scène d’Alice et Jo aux Invalides)
Moi, ce qui m’émeut, c’est la référence Un monde sans pitié d’Eric Rochant car Christophe Honoré filme l’Amour entre des hommes, attention pas le désir physique un peu grossier de Brokeback Mountain, mais l’amour filial de l’Hôtel de la plage ou fraternel de Friends, c’est ce qui manque depuis de nombreuses années à la nouvelle vague et à sa critique qui s’est construite sur une lutte intellectualiste laissant de côtés les sentiments, chacun étant persuadé d’avoir raison (regardez les émissions de cinéma à la télévision ou écoutez le masque et la plume, vous verrez que chacun veut argumenter son choix artistique, quel pitié !). Dans Paris, c’est donc l’histoire d’une relation familiale entre le père (Guy Marchand) et les deux frères (Romain Duris et Louis Garrel). Ces trois personnages émouvants forment un nœud.
Jo (Louis Garrel), le cadet insouciant qui, même s’il fuit son quotidien par ses conquêtes féminines, revient toujours au nid et ne peut pas s’empêcher d’être en contact permanent pour décrire sa journée. Paul (Romain Duris), le puiné dépressif, à l’âme artistique. Il a bien essayé de fuir le nœud familial, mais il y est revenu car « où veux-tu que j’aille ? » comme si l’évidence était ici. Mirko, le père, qui essaie de resserrer les liens entre les deux frères. Il essaie, avec beaucoup d’amour, de donner à ses deux enfants ce qui leur manque (la joie de vivre pour Paul, le sens des responsabilités pour Jo), il essaie de leur transmettre ses valeurs en tenant compte de leur personnalité. Comme symbole de leur nœud, il y a l’appartement, trop étroit à trois, mais c’est ainsi qu’on s’y sent bien avec cette chaleur quotidienne, chacun y vit avec l’autre ou seul, chacun y écrit son histoire, c’est ici que chacun a envie de se retrouver, un lieu de racines. Evidemment, cette histoire d’homme n’en serait pas une sans les femmes, qui essaient d’accrocher un lien à leur histoire. La mère qui ne supporte pas le lieu et qui ne peut pas entrer dans leur monde, Anna (l’amie de Paul) qui est plutôt une figure de la destruction ; Alice, invitée d’un soir, est abandonnée sur le canapé, peut-être pourra-t-elle trouver une place ? Ce qui permet d’émouvoir Dans Paris, c’est la forme narrative, adapté au cinéma, plus que tout autre. Dans Paris est un film de l’écrit, fait de dialogues littéraires. Et cela fait du bien de changer du mode d’expression orale américain pour entrer dans un cinéma européen qui vous plonge dans le texte, dans sa tradition. Vous entrez dans le film sur le mode littéraire, comme on entre dans une pièce de théâtre écrite en alexandrins. Ce cinéma n’est plus la vie, mais une œuvre d’art. Les changements de rythme, un « film-jazz », lent quand il sort de l’appartement, « un film-variété » rapide quand les personnages se retrouvent au centre de l’univers du film. Comme pour les dialogues, la musique est un bijou au service de l’œuvre. En dernier lieu, il y a le temps, suspendu un 23 décembre 2005 pour le film. Comme dans Un monde sans pitié. Pas de vie quotidienne, juste une photographie. Ici, le cinéma n’est pas un documentaire, le cinéma est un instant de la vie de personnages à un moment donné, dans un lieu donné, une histoire d’hommes comme beaucoup auraient aimé la vivre ! T² | ||||||||||||||||||